Le Servette FC se déplace du côté du Letzigrund vendredi soir (un match à suivre dès 18h45 sur notre webradio) pour un deuxième tour de Coupe compliqué face au club le plus titré du pays qui milite aujourd’hui en Challenge League. Mais les Grenat sont bien déterminés à passer ce tour.

 

44 titres, rien de moins. Lorsque GC et Servette s’affrontent, c’est tout un pan de l’histoire du football suisse qui s’exprime et ce, malgré les dix à quinze dernières années plus compliquées qu’ont traversé ces deux mastodontes. L’Histoire, si souvent teintée d’ironie, a d’ailleurs fait parler d’elle en décidant d’envoyer le premier palmarès du pays en deuxième division pile au moment où son ancien dauphin retrouvait l’élite. Mais comme les Servettiens ne pouvaient pas se priver de rendre visite à leur rival historique et que le hasard fait bien les choses, le tirage au sort du deuxième tour de la Coupe de Suisse a proposé une première rencontre officielle entre ces deux équipes depuis 2013. L’occasion pour nous de tendre notre micro à Alain Geiger, ancien joueur des deux clubs et actuel entraineur des Grenat, ainsi qu’à Gaël Ondoua, recrue estivale très bien renseignée sur le passé de son nouveau club. Ces interviews ont été réalisées en collaboration avec Blaise Bugyil (Radio Lac) dont les questions sont mentionnées comme telles.

 


 

“On veut soulever ce trophée”

 

Gaël Ondoua, vous étiez blessé ces derniers temps. Comment allez-vous ?

 

Je me porte super bien maintenant. La pause internationale m’a permis de retrouver mes forces et de charger mes batteries. Je suis prêt à défendre les couleurs Grenat et c’est ce qui est très positif pour moi présentement.

 

S’inspirer des anciens

 

Nous sommes devant des photos des trophées servettiens. Qu’est-ce que cela vous inspire de voir la Coupe de Suisse dans les mains d’Eric Pédat ?

 

Cela m’inspire énormément ! Nous aussi, nous voulons soulever ce trophée. Cela nous donne l’envie et l’engouement de réaliser quelque chose. Pourquoi ne pas être aussi affichés un jour au stade ? Nos photos pourraient être au mur en gagnant une Coupe ou un championnat. C’est un élan qui nous anime en regardant ces images.

 

Gaël Ondoua veut s’inspirer des anciens pour garnir les coursives du Stade (© Bastien Trottet)

 

Cela fait un peu plus de deux mois que vous êtes arrivé à Genève. Comment vous y sentez-vous?

 

Je m’y sens très bien, que ce soit dans le groupe, dans l’entourage ou dans la ville, notamment quand j’y rencontre des fans. Je m’y plais vraiment. Chaque jour qui passe, je m’imprègne un peu plus de la société suisse et genevoise.

 

“Chaque pays a quelque chose de spécial. La Suisse également.”

 

D’autant que vous avez un parcours assez particulier. La Russie et la Suisse, ce n’est pas tout à fait le même genre d’endroit…

 

Non, en effet, notamment sur l’aspect climatique. Ici il fait un peu plus chaud, je n’y ai pas été habitué mais cela fait du bien. Pour le reste, je ne veux pas comparer parce que chaque pays a quelque chose de spécial. La Suisse également et j’apprécie bien ce que je vois jusqu’à aujourd’hui.

 

Une partie qui s’annonce très physique

 

Comment est-ce que l’on prépare un match comme celui-ci contre GC, qui est presque “la onzième équipe de Super League” ?

 

C’est un affrontement qui a une très longue histoire et qui a marqué le football suisse dans son ensemble. C’est un grand club, on ne regarde pas le fait qu’il soit en deuxième division. Ils ont un bon groupe, ils vont jouer la victoire et nous aussi. C’est une sorte de finale, un match qui aura beaucoup d’engagement. Il y aura de l’impact physique des deux côtés car les deux équipes voudront défendre leur emblème. Il nous faudra nous battre pour gagner.

 

(BB) A quoi vous attendez-vous de la part de votre adversaire ?

 

C’est une équipe très dynamique qui joue au ballon. Ils ont un bon jeu sur les côtés et un bon état d’esprit. Mais nous savons aussi que la maîtrise du ballon est notre spécialité. Le match sera très ouvert avec beaucoup d’impact.

 

“Ici, la concurrence est au profit de l’équipe. Peu importe qui est-ce qui joue.”

 

Pendant votre absence, Boris Cespedes vous a magnifiquement remplacé. Que vous inspire cette concurrence nouvelle ?

 

Quand tu choisis de devenir footballeur de haut niveau, tu dois t’y mettre à fond. La concurrence fait partie du métier et tu le sais. On ne garantit jamais une place à un joueur, c’est à lui d’aller la chercher. Ce qui est positif ici, c’est que la concurrence est au profit de l’équipe. Peu importe qui est-ce qui joue, l’important est que Servette gagne. Nous sommes une équipe, nous sommes des copains, nous travaillons ensemble pour un objectif commun. On ne regarde pas si c’était Boris, moi ou qui que ce soit d’autre qui a joué. Chacun essaie d’apporter sa pierre à l’édifice pour apporter du plaisir à tous les fans Grenat.

 


 

Sans Sauthier, Sasso, Cognat et Kone

 

(BB) Alain Geiger, qu’est-ce que cela vous fait de disputer un GC-Servette dans ces conditions-là ?

 

J’ai terminé ma carrière de joueur à Grasshoppers, mais j’ai aussi eu l’occasion de jouer avec Servette des matchs contre GC pour gagner des titres. C’est une rencontre avec beaucoup de rivalité entre deux des plus grands clubs suisses. Naturellement, vu qu’ils sont en Challenge League et nous en SL, ils seront très motivés à nous battre. Mais nous avons aussi beaucoup discuté cette semaine et nous avons décidé d’être présents et de faire quelque chose en Coupe cette saison. Nous serons donc extrêmement motivés et souvent dans cette compétition c’est l’équipe la plus motivée qui passe les tours.

 

Aucun match n’est amical contre GC

 

(BB) On s’attend à une rencontre très disputée. Qu’avez-vous pu analyser à la vidéo ?

 

Nous savons que Pusic a un excellent pied gauche. Plus besoin de présenter Ben Khalifa devant, mais ils ont aussi Gjorgjev et son pied droit qui a une excellente technique qui me rappelle celle de Massimo Lombardo à l’époque. L’axe Njie-Salatic est solide, tout comme la défense centrale et le gardien qui ont joué l’an dernier en Super League. Il nous faudra donc parvenir à les contenir et à leur mettre la pression sur les côtés, là où ils ont moins de joueurs d’expérience. Nous devrons réussir à marquer des buts, c’est peut-être même encore plus important en Coupe qu’en championnat.

 

“Ils sont venus avec leurs deux étoiles nous rappeler que nous n’en avions qu’une seule”

 

Vous avez affronté GC en tout début de préparation cet été. Est-ce que vous allez utiliser des enseignements de ce match ?

 

Oui, notamment leur tactique car ils ont joué dans un 4-2-3-1 qui était semblable à ce qu’ils pratiquent actuellement. Ils n’avaient pas encore bouclé leur contingent à l’époque, mais on avait senti que ce n’était pas vraiment un match amical. Ils sont venus avec leurs deux étoiles nous rappeler que nous n’en avions qu’une seule. Je m’attends à un tour vraiment costaud et à un match très intéressant pour les deux équipes.

 

(BB) Vous attendez-vous à une partie d’échecs avec le fin tacticien qu’est Ueli Forte ?

 

Oui, c’est possible. Comme il peut y avoir des prolongations et qu’on sort d’une trêve internationale, je m’attends à ce que la première mi-temps soit un round d’observation et que le rythme s’accélère petit à petit. Nous devrons garder de la force pour tenir la distance. Et surtout, on ne sait jamais comment un match peut tourner. S’il y a des buts rapidement, la partie sera beaucoup plus ouverte. Il faudra donc agir et non devoir réagir.

 

L’infirmerie déborde

 

Pouvez-vous nous faire un petit point sur les blessés et absents ?

 

C’est toute mon inquiétude. Nous avons des garçons comme Sauthier, Sasso, Cognat et Kone qui ne pourront pas être présents. Pour ces quatre-là, c’était un peu trop tôt, nous aurions pris des risques inutiles en les faisant jouer, mais ils vont rapidement réintégrer l’équipe pour le championnat. On a un effectif qui est capable d’absorber ces absences, les gars qui vont les remplacer sont frais et motivés. Concernant Lang et Busset, leurs blessures sont de plus longue durée mais le premier nommé va faire son retour avec les M21 ce week-end après pile une année d’absence. Cela nous réduit vite le contingent, ce qui nous a obligé à aller chercher Nicolas Vouilloz des M21 pour venir avec nous à Zurich.

 

“Je ne vais pas changer de dispositif tactique mais faire des changements poste pour poste”

 

(BB) Vous pouvez par contre compter sur le retour d’Ondoua pour stabiliser le milieu de terrain. C’est précieux ?

 

Oui, évidemment. C’est un garçon qui a montré de très belles choses avant sa blessure. Ce match lui permettra de retrouver des minutes de jeu et de remonter en puissance. Avec la solidarité qui règne dans l’équipe, cela ne devrait pas poser de problème. Nous aurons certes une équipe inédite, mais la base va rester la même. Je ne vais pas changer de dispositif tactique mais faire des changements poste pour poste : Routis pour Sasso, Gonçalves pour Sauthier, Ondoua pour Cognat. Nous aurons Stevanovic et Tasar sur les côtés, nous retrouveront les joueurs que nous connaissons, même si je ne peux évidemment pas tous vous les citer pour l’instant (avant le dernier entraînement, ndlr). Sur le plan offensif, Chagas et Schalk sont là, tout comme Grejohn Kyei qui est prêt à faire des minutes. C’est très bien, c’est les joueurs que l’on change le plus souvent car on leur demande des courses, des sprints et de la vitesse, ce qui les fatigue plus vite que les autres. C’est donc important d’avoir du monde à disposition.