Servette affronte Lucerne ce dimanche (à suivre dès 15h45 sur notre webradio). Auteurs de deux performances solides mais sans victoire, les Grenat veulent battre l’équipe de Suisse centrale lancer définitivement leur saison.

 

C’est un Stade de Genève en mode “lendemain de fête” que nous retrouvons en ce vendredi matin. A peine 36 heures plus tôt, l’immense Liverpool FC, six fois Champion d’Europe et dix-huit titres nationaux (seulement un de plus que le club du bout du Lac, soit dit en passant) quittait les travées de l’enceinte genevoise. Déjà, de nombreux ouvriers s’activent pour lui rendre son aspect habituel. Le football n’attend pas ! Dans deux jours, le grand Servette FC reçoit le FC Lucerne pour le compte de la troisième journée de Super League. S’il y aura assurément moins de monde et de projecteurs braqués sur cette rencontre, l’enjeu sera lui tout autre. Là où Liverpool cherchait à donner du temps de jeu à l’intégralité de son équipe (seize changements au cours du match !), Servette devra lui engranger trois points et une première victoire pour capitaliser sur ses bonnes performances initiales et ne pas se laisser distancer trop vite par ses concurrents. Nous avons tendu notre micro à Jérémy Frick et Alain Geiger pour évoquer cette rencontre.

 


 

Frick rend hommage à sa défense

 

Jérémy Frick, vous avez été élu homme du match pour la première fois depuis mai 2018. Votre réaction ?

 

Pour un gardien, c’est toujours plus compliqué car ce n’est pas nous qui créons nos occasions. Peut-être que le fait que le match se soit terminé sur mon arrêt y a aussi contribué. Personnellement, j’aurais préféré que nous marquions deux buts et que nous remportions la victoire contre le FC Sion plutôt que d’être élu homme du match.

 

Ombre et lumière, le quotidien d’un gardien de but

 

Cet arrêt à la 94e, comment l’avez-vous vécu ?

 

Au départ, quand j’ai vu la contre-attaque partir, je me suis dit « non, pas maintenant, ce n’est pas possible ». Sur le coup, j’ai vraiment eu cette petite pensée négative où je me suis dit que ce serait dommage. Heureusement, la défense a très bien joué le coup. Ils ont orienté le joueur et l’ont freiné jusqu’au dernier moment, ce qui l’a obligé à faire une passe. Celle-ci n’était pas parfaite et cela m’a permis de sortir. Quand j’ai compris cela, j’y ai été comme un fou. Bien cinq mètres avant d’avoir le ballon, j’ai su qu’il était pour moi. Je tire un grand coup de chapeau à ma défense qui m’a beaucoup aidé sur cette séquence.

 

Revivez cet arrêt importantissime en compagnie de nos deux commentateurs

 

En voyant la bourde d’Alisson sur le même terrain mercredi, est-ce que cela vous a fait un petit quelque chose ?

 

Il est revenu à l’entraînement il y a cinq jours, il n’avait pas encore l’air véritablement concentré. Mais d’un côté, c’est rassurant de voir que le meilleur gardien du monde peut aussi faire des erreurs. Cela permettra peut-être aussi aux gens d’être un peu plus indulgents vis-à-vis des gardiens. Plus généralement, Lyon, qui est pourtant l’une des meilleures équipes de France, n’était pas flamboyant, ce qui montre aussi la qualité individuelle des joueurs présents sur le terrain.

 

Une victoire primordiale

 

Deux points en deux matchs, est-ce un bon bilan comptable selon vous ou est-ce que ce serait alarmant de ne pas faire trois points contre Lucerne ?

 

Ce ne serait pas alarmant mais dommage parce que nous avons réussi deux belles prestations contre YB et Sion, qui sont deux grosses écuries de la ligue. Nous sommes contents d’avoir ramené un match nul de Berne, mais en repensant à cette rencontre, nous aurions aussi pu prendre les trois points. Contre Sion, nous sommes repartis déçus, d’autant que nous avons pris des risques jusqu’à la fin. N’oublions pas que les grandes équipes savent généralement récolter un point si elles ne parviennent pas à gagner. C’est notre cas actuellement. Néanmoins, c’est primordial pour la confiance de remporter la victoire contre Lucerne pour avoir un petit coussin avant d’aller à Bâle.

 

“Nous avons beaucoup évolué depuis notre dernière rencontre contre Lucerne”.

 

Est-ce que cette rencontre a un petit gout de revanche par rapport aux différentes éliminations en Coupe ces dernières années ?

 

Un peu, évidemment, surtout par rapport à l’année dernière où l’on se fait éliminer aux tirs au but en ayant présenté une très belle prestation mais manqué de chance. Ce n’est pas non plus le même type de match : c’est le championnat, l’adversaire va peut-être venir un peu plus défensif et sur la retenue qu’en Coupe, où l’on ne peut pas se permettre cela. Ce que je retiens de positif, c’est que nous avons beaucoup évolué depuis notre dernière rencontre. La dernière fois, nous avions déjà réussi à prendre le jeu à notre compte. Avec ce que nous avons montré depuis le début de la saison, nous devrions pouvoir à nouveau prendre l’avantage dans le jeu.

 

Jérémy Frick est focalisé sur son object: les trois points contre Lucerne (© Bastien Gallay)

 

Lucerne n’est pas flamboyant offensivement. Pensez-vous que vous n’aurez qu’un ou deux arrêts à faire ?

 

Je n’ai pas envie de dire de bêtises parce que contre YB, je pensais que j’aurais quinze frappes cadrées et au final je n’en ai eu que quatre. C’est vrai que depuis le début du championnat, ils n’ont pas eu énormément d’occasions. A Saint-Gall, ils ont arraché les trois points de manière inespérée. Ils ont un très bon attaquant, Eleke, qui a un très bon jeu de tête. Je me souviens d’ailleurs qu’il nous avait fait mal alors qu’il n’avait pas eu beaucoup d’occasions. Lucerne se crée peu d’occasions et nous en concédons peu, parce que notre défense qui fait du très bon travail. A priori, c’est vrai que nous ne devrions pas subir trop de frappes. Par contre, ils sont à l’aise avec les coups de pied arrêtés, notamment les corners. Nous devrons donc être vigilants là-dessus.

 

“Là où je suis satisfait, c’est que toute l’équipe, titulaires comme remplaçants, est au niveau de la ligue”.

 

Vos débuts en Super League se passent plutôt bien. Est-ce conforme à vos attentes ?

 

Oui, plutôt. La qualité des joueurs est plus élevée, mais ce n’est pas non plus le jour et la nuit. L’intensité est plus importante, c’est clair, notamment contre Sion. On sent qu’une demi-erreur peut se payer cash alors qu’en Challenge League, il était possible de se rattraper. Mais nous le savions. Le niveau est conforme à mes attentes, mais il va augmenter parce que les équipes sont encore en rodage. Nous aussi, d’ailleurs. YB, par exemple, nous les avons affrontés au meilleur moment possible. Nous devons engranger de la confiance et ce serait l’occasion de le faire ce week-end. Là où je suis le plus satisfait, c’est que toute l’équipe, titulaires comme remplaçants, est au niveau de la ligue. C’est rassurant de voir que nous avons une profondeur de banc capable de faire la différence.

 


 

L’efficacité n’est pas un sujet d’inquiétude

 

Alain Geiger, votre équipe a récolté deux points en deux matchs avant d’affronter Lucerne. Quel regard portez-vous sur ces résultats ?

 

Chaque fois que nous ne perdons pas, c’est intéressant. Naturellement, notre objectif est de gagner des matchs, mais nous devons aussi accepter les forces de nos adversaires. Nous devons les déjouer et trouver des solutions. Nous espérons obtenir notre première victoire contre Lucerne dimanche. En marquant un but en deux matchs, il est difficile de prétendre à mieux que deux points. J’espère que cette fois-ci, les ballons termineront au fond et pas sur les poteaux.

 

Tenter de passer par l’axe

 

Est-ce que l’efficacité offensive vous inquiète actuellement ?

 

Non, pas tant que cela. Nous n’en sommes qu’au début du championnat, il n’y a eu que deux matchs. A nous de chercher des solutions, notamment en rééquilibrant notre jeu offensif. Nous devrons tenter des offensives axiales ou sur le flanc gauche pour bouger cette robuste équipe de Lucerne, et ne pas nous contenter uniquement de passer par la droite.

 

“L’Europa League ne devrait pas avoir beaucoup d’influence sur ce match”

 

Est-ce que vous allez chercher à mettre une grosse pression d’entrée pour profiter d’un éventuel état de fatigue de Lucerne suite à son voyage aux Iles Féroé ?

 

Non, pas particulièrement. Ils ont joué jeudi soir, le match est dimanche, cela ne devrait pas avoir beaucoup d’influence. Nous devrons simplement attaquer et mettre du rythme. Il nous faudra animer le match et ne pas compter sur eux. L’important sera de mettre plus de pression sur la défense adverse et d’efforts dans notre jeu offensif.

 

Qui pour remplacer Ondoua ?

 

Quels sont vos plans pour remplacer Ondoua qui est blessé ?

 

Nous avons plusieurs alternatives au milieu. Cespedes est certes entré contre Sion, mais nous avons aussi d’autres joueurs. Nous pouvons tout-à-fait jouer en 4-3-3. A voir, je ne suis pas encore complètement fixé. C’est dommage pour nous, mais je suis persuadé que le joueur qui remplacera Ondoua fera du très bon travail.

 

“Ondoua est indisponible pour quatre semaines”

 

Au niveau des autres absences, est-ce qu’il y a de l’évolution ?

 

Maccoppi nous a rejoint après avoir disputé deux matchs avec les M21. Il est encore un peu court, mais il est sur un bon processus et devrait bientôt pouvoir réintégrer l’équipe. Ondoua est indisponible pour quatre semaines. Nous espérons ne pas avoir trop de blessés supplémentaires.