Tout en maîtrise et en abnégation, les Grenat s’imposent 2-0 contre l’ogre bâlois et peuvent se targuer d’un bilan immaculé contre les deux plus grandes équipes du championnat. Prodigieux !

 

Les Servettiens voulaient attaquer ce match sur les chapeaux de roues, ils sont parvenus à mener au score après sept petites minutes de jeu. Ils auraient même pu mener 2-0 120 secondes plus tard si Stevanovic (impérial pendant l’intégralité de la partie) avait mieux réussi son contrôle pour éliminer Omlin. Puis, sentant qu’une telle intensité serait intenable sur l’intégralité de l’affrontement, ils ont petit à petit accepté le réveil des Rhénans, matérialisé notamment par un début de deuxième mi-temps où les Genevois ont su faire le dos rond et se sacrifier pour le collectif. En toute fin d’une rencontre où les visiteurs auront dû subir deux montants, deux sauvetages sur la ligne (de Kyei et Wüthrich) et le désormais traditionnel miracle de Jérémy Frick, les locaux s’assurèrent les trois points par Koro Kone après un excellent travail de Park et Stevanovic. C’en fût trop pour le capitaine des Rotblau Valentin Stocker, pourtant remplacé à la 75e minute, qui s’en alla bousculer l’arbitre français au moment des poignées de main et qui écopa logiquement d’une expulsion qui lui vaudra probablement de pouvoir préparer les fêtes de fin d’année en toute tranquillité. Servette, quant à lui, remonte petit-à-petit au classement et peut, grâce à ses trois victoires consécutives, prendre un grand bol d’air sur la zone rouge.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

Avoir battu le FC Bâle. Pour quiconque a dû subir la remontée fulgurante des Rotblau au palmarès national et l’admiration sans borne d’une partie de la Suisse devant le « Grand FCB » alors que le SFC était empêtré dans cette immonde Challenge League, la simple idée de parvenir à les vaincre un jour ressemblait à un doux rêve. Et voilà qu’après six mois de Super League, Servette inflige un blanchissage magistral aux Rhénans. Délicieux.

 

L’état d’esprit. Cela peut paraître répétitif, mais les Servettiens font preuve semaine après semaine d’une force de caractère à toute épreuve. On ne renverse pas une décennie de champions de Suisse sans prendre un but si l’on ne fait pas preuve de courage et de combativité. A ce niveau-là, Servette est probablement l’une des meilleures équipes du pays.

 

Steve Rouiller. « S’il jouait à Bâle ou YB, il serait déjà en équipe de Suisse ». Une déclaration signée Alain Geiger en conférence de presse (à retrouver ci-dessous en version complète) qui démontre toute l’estime qu’il voue à son défenseur central. Un véritable patron qui ne rechigne jamais à l’effort. Impérial dans son travail défensif, il a de plus été exemplaire dans son rôle de capitaine dès la sortie de Sauthier. Un atout de choix pour le SFC.

 

Unis et solidaires, les Servettiens peuvent renverser des montagnes (© Bastien Gallay)

 

A améliorer

 

L’arbitrage. Un jour, il faudra vraiment cesser ces programmes d’échanges d’arbitres lors de matchs de championnat. Entre le niveau très inégal des invités et leur ignorance des joueurs et des pratiques en vigueur dans la SFL, cela pose de sérieux problèmes en matière d’équité entre les rencontres. Si cela n’a (pour une fois) pas influencé directement le cours du match, la prestation de M. Abed et de ses assistants n’a pas été à la hauteur de l’événement. Entre les décisions incompréhensibles (Ademi a-t-il été expulsé avec Stocker? La VAR a-t-elle été consultée en fin de première période? Deux exemples parmi tant d’autres), une autorité aléatoire (dix minutes de flottement où les joueurs se faisaient justice eux-mêmes) et une absence totale de ligne de conduite (certaines interventions rugueuses n’étaient pas sanctionnés de la même manière selon le moment du match): n’en jetez plus, la coupe est pleine. Une soirée à oublier pour eux.

 

Les épaules des Grenat. A croire qu’en engageant l’ancien préparateur physique du GSHC, on récupère également les blessures des hockeyeurs. Si Servette a été relativement épargné par les bobos musculaires cette saison, Sauthier est devenu le troisième joueur consécutif à s’endommager l’épaule (ou le bras?) après Kone et Imeri. Il s’agit sûrement de malchance, mais c’est tout de même contrariant.

 

L’état d’esprit du FC Bâle. Rien de nouveau sous le soleil, mais une équipe aussi arrogante, incontrôlable et sans limite, c’est long à subir pendant nonante minutes. Entre les réclamations, les tacles très appuyés et les petits coups vicieux, les Rhénans ont fait honneur à leur réputation. Et cela rend la victoire servettienne (et l’expulsion de Stocker) encore plus plaisantes.

 


 

Réactions d’après-match

 

Steve Rouiller

 

 

Alain Geiger

 

 

Marcel Kohler (en allemand)

 

 


 

Servette FC – FC Bâle 2-0 (1-0)

Stade de Genève, 10’420 spectateurs.

Arbitre : M. Abed (FRA).

Buts : 7′ Stevanovic (1-0), 90′ Kone (2-0).

Servette : Frick; Sauthier (C) (5′ Gonçalves), Rouiller, Sasso, Iapichino; Ondoua, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (72′ Park), Tasar; Kyei (66′ Kone). Coach : Geiger.

Bâle : Omlin; Widmer, Bergström, Alderete, Petretta; Xhaka (68′ Ademi), Frei; Stocker (C) (75′ Riveros), Zuffi, Bua (46′ Okafor); Cabral. Coach : Koller.

Avertissements : 21′ Ondoua, 26′ Gonçalves, 37′ Wüthrich, 74′ Ademi, 76′ Frei, 79′ Widmer.

Expulsion : 90+3′ Stocker (voies de fait / contact avec l’arbitre).

Notes : Servette sans Lang, Imeri (blessés), Maccoppi, Severin, Chagas, Souici et Busset (non-convoqués). Bâle sans Cömert (suspendu), Kuzmanovic, Van Wolfswinkel, Ramires, Von Moos (blessés), Dimitriou, Marchand, Kaiser et Tushi (non-convoqués).