Face à des Bernois en pleine bourre et avec une défense totalement inédite, les hommes d’Alain Geiger se sont montrés vaillants et ont accroché un énième match nul après avoir mené au score.

 

Après deux matchs à l’extérieur face à Sion et Lucerne, les Grenat retrouvaient leur Stade de Genève ainsi que quelques centaines de supporters, un semblant de normalité qui a réchauffé l’atmosphère générale. Et si les hommes d’Alain Geiger ont pu compter sur ces spectateurs, ils ont malheureusement aussi dû compter avec l’absence de trois de ses titulaires habituels en défense. Avec Sasso et Iapichino blessés ainsi que Rouiller suspendu, c’est une défense totalement inédite et remaniée qui allait devoir faire face au double champion titre. Sauthier gardait sa place à droite tandis que Routis et Vouilloz formaient la paire centrale. A ces trois joueurs s’ajoutait la présence de Varol Tasar comme latéral gauche. Inédit donc.

 

La Tribune Est, garnie de quelques centaines de fidèles, a donné de la voix tout au long du match (© Marc Delacrétaz)

 

Ce qui l’était moins, c’était la combativité des Servettiens. Durant la première moitié de cette première mi-temps, les locaux se sont montrés entreprenants, jouant plus haut que ce nous pouvions imaginer en début de partie. Il faudra attendre la 30e minute pour voir les Bernois se créer la première grosse occasion de la rencontre. Lotomba servait brillamment Nsamé dont la frappe s’écrase sur l’intérieur du poteau droit de Frick. A peine deux minutes plus tard, c’est au tour de la seule équipe invaincue depuis la reprise de s’illustrer. Koné réceptionne un centre millimétré de Stevanovic mais Von Ballmoos, bien placé, empêche les Grenat de mener au score. S’en suit un corner dont la tête de Routis est arrêtée sur la ligne par Nsamé peu avant la mi-temps.

 

Koro Kone ouvre la marque sur penalty (© Bastien Gallay)

 

Les joueurs de Seoane reviennent du vestiaire avec l’envie de passer l’épaule, car si Servette fait son match, c’est tout de même YB qui a la maitrise du ballon. Pourtant, le scénario de la rencontre va totalement s’inverser. A la 55e minute, le nouvel entrant, Alex Schalk, entre dans la surface et se voit littéralement fauché par Lefort. Un geste, cette fois-ci, moins bien maitrisé. Penalty indiscutable que transforme Koro Koné et que Von Ballmoos ne peut que légèrement toucher. Scénario retourné mais pour peu de temps. Après un bon travail de Gaudino sur le côté gauche, ce dernier sert Sulejmani et arme une frappe déviée par Boris Cespedes, malchanceux sur ce coup, qui trompe Jeremy Frick. Nouveau revirement de situation à Genève.

 

Incrédule, Jean-Pierre Nsamé écope d’un carton rouge (© Bastien Gallay)

 

Et comme ce match semblait déjà épique, les péripéties suivantes n’ont fait que confirmer ce scénario. 69e minute, Gaudino centre dans la surface des locaux, Frick s’empare du ballon mais le capitaine Anthony Sauthier se tort de douleur dans sa surface. Nsamé écope d’un carton jaune avant que celui-ci ne soit retiré et remplacé par un de couleur rouge après une claque assénée à son ancien collègue et avec la confirmation de la VAR. Incrédule, le meilleur buteur du championnat quitte le terrain de manière précipitée et écopera même de trois matchs de suspension par la suite. Un regain de motivation pour les Servettiens puisque quelques instants plus tard, après une belle séquence de jeu entre Cognat et Schalk, le dernier cité sert parfaitement Imeri dont la frappe est légèrement déviée par Von Ballmoos sur son poteau. A 11 contre 10, les Servettiens semblent un peu plus serein et récupère plus souvent le cuir. Cependant, ce surnombre ne durera pas jusqu’à la fin du match. Peu avant la fin du temps réglementaire, Frick, sorti de ses cages et surpris par le rebond, boxe la balle en dehors de sa surface. Carton rouge direct et incontestable mais synonyme de sacrifice que les spectateurs n’ont pas oublié de louer au moment où ce dernier rejoignait les vestiaires, lui aussi plus tôt que tout le monde. Genevois et Bernois se quittent donc sur un score nul où l’on retiendra toute l’abnégation dont on fait preuve les Servettiens.

 


 

Que retenir de ce match ?

 

De positif

 

L’état d’esprit général. Abnégation, altruisme, collectif, combativité : tels sont les qualirés que nous pourront retenir de cette partie de la part des Grenat. Le fait est que que les Servettiens n’ont pas seulement accroché Young Boys, mais y ont également mis une réelle volonté de participer au jeu, de presser les visiteurs, de construire un maximum et de se créer des occasions. C’est dire si une victoire servettienne n’aurait de loin pas été scandaleuse.

 

La défense servettienne. Totalement remaniée et face à la deuxième meilleure attaque de RSL, la tâche semblait être ardue. Pour sa première titularisation, Nicolas Vouilloz a délivré une prestation plus que propre aux côtés de Christopher Routis. Muselant Nsamé en début de match, il a su faire face au meilleur buteur du championnat avec beaucoup de sérieux. A noter aussi le travail très appliqué de la part de Tasar, Routis et Sauthier qui ont « tenu la baraque ».

 

La pelouse. Cette pelouse qui a tant fait couler d’encre ces derniers mois, cette pelouse qui aurait dû être remplacée par un synthétique cet été mais qui ne bougera pas ou du moins pas de sitôt. Eh bien cette pelouse a revêtu son plus beau manteau hier soir pour accueillir le match. Si elle n’était de loin pas à son avantage ces derniers mois (et notamment lors de la dernière venue d’YB), il convient aussi de mentionner quand elle reprend de belles couleurs.

 

A améliorer

 

Tenir un score. Sur ces trois derniers matchs, les Servettiens ont toujours commencé par mener au score et ont à chaque fois été rejoint  Si de manière générale les prestations savent satisfaire le peuple grenat, les hommes d’Alain Geiger auraient pu accrocher une victoire, si ce n’est deux depuis la reprise. Mais il faut aussi savoir être indulgent, d’autant que Servette reste la seule équipe invaincue du championnat depuis la reprise.

 

Les erreurs défensives. Peut-être le point crucial à souligner depuis la reprise. Chaque match s’est soldé avec une erreur défensive coutant un but aux Servettiens. Hier encore, Cespedes déviait le ballon dans son camp, des erreurs qui se payent cash. Et ce sans compter l’erreur volontaire mais louable de Frick qui n’a pas coûté de but à ses collègues mais qui lui coûte sa place samedi prochain au Letzigrund. Des erreurs évitables et à éviter.

 


 

Conférence de presse d’après-match

 

Servette FC

 

 


 

Servette FC – BSC Young Boys 1-1 (0-0)

Stade de Genève, 1’000 spectateurs (huis-clos partiel).

Arbitre : M. Horisberger.

Buts : 55′ Kone (penalty) (1-0), 58′ Sulejmani (1-1).

Servette : Frick; Sauthier (C), Vouilloz, Routis, Tasar; Stevanovic (88′ Kiassumbua), Cespedes (63′ Imeri), Ondoua, Cognat; Kone, Kyei (53′ Schalk). Coach : Geiger.

YB : Von Ballmoos; Janko, Camara (56′ Sørensen), Lefort (67′ Elia), Lotomba (67′ Garcia); Lustenberger (C); Aebischer, Sierro (56′ Gaudino); Fassnacht, Nsamé, Ngamaleu (56′ Sulejmani). Coach : Seoane.

Avertissements : 24′ Ondoua, 43′ Sierro, 62′ Lotomba.

Expulsions : 71′ Nsamé (voies de fait), 86′ Frick (main en dehors de la surface).

Notes : Servette sans Rouiller (suspendu), Iapichino, Sasso (blessés), Gonçalves, Severin (convalescents), Lang, Wüthrich, Park et Souici (raisons contractuelles). Première titularisation professionnelle pour Nicolas Vouilloz (19 ans). YB sans Petignat, Lauper, Hoarau (blessés), Spielmann, Bürgy, Mambimbi, Martins et Ballet (non-convoqués). (BT)