Victoire servettienne 2-0 dans un Lipo Park glacial mais bien réchauffé par l’impressionnante cohorte de supporters venus célébrer les 30 ans de la Section Grenat. Un match nul au moins contre Lausanne et la promotion sera officielle.

 

On attendait un Servette concentré et appliqué suite à la défaite contre Aarau une semaine auparavant, d’autant qu’Alain Geiger nous confiait à la veille du match avoir remis les pendules à l’heure concernant certains joueurs. Ce fut précisément le cas tout au long d’une rencontre que les Genevois ont peut-être moins dominée que les précédentes, mais où, paradoxalement, ils ont su utiliser leurs cartouches offensives avec parcimonie tout en ne ménageant pas leurs efforts défensifs. A l’image d’un Iapichino dont les grigris ont parfois pu énerver ce printemps, toute l’équipe a simplifié son jeu pour n’en garder qu’une froide efficacité.

 

Stevanovic récolte le seul carton servettien du match (© Bastien Trottet)

 

Pourtant, l’absence cumulée de Wüthrich et d’Imeri aurait pu inquiéter l’entraîneur servettien puisqu’il perdait à la fois son inamovible milieu offensif et le remplaçant qui a le plus joué cette saison. Il décidait ainsi de faire simple et d’aligner Alexandre Alphonse, pourtant encore “un peu court physiquement” selon les termes de Geiger à la veille du match, en position de milieu offensif, un poste de l’ancien attaquant du FCZ avait déjà parfois occupé par le passé. Le Guadeloupéen confirme ainsi son rôle ambigu dans l’équipe puisqu’il est le seul avec le duo de latéraux du flanc gauche à ne pas être un titulaire ou un remplaçant indiscutable dans l’esprit du technicien valaisan.

 

Domination servettienne

 

Les nonante premières secondes furent à l’avantage des locaux, sans doute gonflés à bloc par leurs deux dernières victoires et par la lutte intense qu’ils livrent contre la relégation. Mais petit-à-petit, Servette prit logiquement le contrôle des opérations. Les Grenat pensaient même avoir ouvert le score à la 18e mais Koro Kone était sanctionné d’un hors-jeu peu évident. Sur l’action suivante, Alex Schalk réalisa un magnifique solo dans la défense adverse avant de s’ouvrir un angle de tir. Sa frappe prise des 25 mètres fut détournée en corner par le portier Grasseler (spoiler alert : vous retrouverez souvent ce nom dans les prochaines lignes).

 

Quelques instants plus tard, Iapichino tenta lui-aussi sa chance à l’orée des seize mètres, mais ne parvint pas à tromper la vigilance du portier schaffhousois. Du coup, il chercha à combiner avec ses coéquipiers, ce qui amena un petit chef-d’oeuvre de la part de Cognat via une déviation d’Alphonse. Le Lyonnais, omniprésent dans cette première mi-temps brossa une merveille de tir depuis l’entrée de la surface de réparation qui termina dans le petit filet opposé. Grasseler n’esquissa pas l’ombre d’une réaction et le numéro huit Grenat en profita pour inscrire son deuxième but de la saison, à nouveau sur un terrain synthétique comme ce fut le cas à Kriens.

 

Beaucoup d’occasions mais pas de but

 

Dès lors, les Jaune-et-noir furent contraints de réagir et Servette eu l’occasion de démontrer qu’il a progressé dans sa gestion des temps faibles, un domaine souvent déficient cette saison. Quelques occasions furent certes concédées, comme celle de Sessolo bien arrêtée par Frick à la 35e, mais rien de fondamentalement dangereux et ce malgré la présence d’un trio offensif Castroman-Cicek-Sessolo très remuant et pas dénué de talent. Mieux, les Grenat passèrent à quelques centimètres de doubler le score juste avant la mi-temps, mais la tête de Routis s’écrasa sur la latte et Schalk ne parvint pas à récupérer convenablement le ballon dans la partie de billard qui s’ensuivit.

 

A la reprise, les Genevois se montrèrent à nouveau dangereux par Iapichino, dont la frappe à 20 mètres fut à nouveau détournée par Grasseler. Puis ce fut au tour d’Alphonse, dans la profondeur et en duel cette fois-ci, de buter sur l’ancien Biennois. Enfin, Schalk, de la tête sur un coup-franc botté par Stevanovic, alerta le portier adverse, qui répondit à nouveau avec brio pour permettre à son équipe de rester dans le match à l’heure de jeu.

 

Bonne gestion des temps faibles

 

On se dit alors que le scénario d’Aarau pouvait se répéter, Servette ayant à nouveau des occasions sans parvenir à tuer le match. Mais cela semblait toutefois moins probable, déjà tout simplement parce que ce n’était “que” le modeste Schaffhouse en face et surtout parce que les Grenat ne dominaient pas outrageusement cette rencontre comme ce fut le cas une semaine auparavant. Les locaux se sont ainsi créés passablement d’occasions, mais celles-ci se sont régulièrement terminées par des tirs trop enlevés s’écrasant dans la tribune derrière Jérémy Frick.

 

La Section Grenat fêtait ses 30 ans à Schaffhouse (© Bastien Trottet)

 

Ce dernier eut toutefois un arrêt important à faire à la 79e sur un tir de l’inévitable Castroman, que les Servettiens devraient retrouver l’an prochain sous les couleurs thounoises. Mais à l’image de son équipe, le cerbère genevois restait concentré et le détourna sans (trop de) peine. Les dix dernières minutes furent d’ailleurs à l’avantage des locaux qui devaient absolument tenter d’aller grappiller un point, mais ils ne parvinrent pas à inquiéter outre mesure une défense solide et très à son affaire.

 

Une “finale” contre Lausanne

 

Servette inscrivit même le 0-2 à la 89e par l’inévitable Mychell Chagas, parti à l’extrême limite (voire même probablement au-delà) du hors-jeu. Explosion de joie dans le parcage visiteur situé juste derrière Grasseler et sur le terrain : les Grenat savaient à ce moment-là qu’en gagnant contre Lausanne vendredi prochain, ils seraient promus en Super League. Ils apprirent quelques heures plus tard avec la victoire argovienne sur le LS qu’ils ne leur manque plus qu’un point pour l’officialiser.

 

Vivement le 10 mai !

 


 

S’il ne fallait retenir qu’une seule chose…

 

Positive

 

La performance défensive. On l’a souvent mentionné tout au long de la saison, Servette a une fâcheuse tendance à trop se porter vers l’avant et manquer parfois de concentration et de rigueur défensive. Le coup de gueule d’Alain Geiger semble avoir été reçu cinq sur cinq par son équipe. Le blanchissage est la cerise sur le gâteau, d’autant qu’avec le naufrage lausannois, les Grenat redeviennent la meilleure défense de Challenge League. Tout va bien !

 

A améliorer

 

La concrétisation. On chipote, parce qu’il faut bien remplir cette rubrique… Servette s’est créé une multitude d’occasions sans parvenir à tuer le match, comme souvent ces derniers temps. Marquer plus rapidement le deuxième but aurait permis de soulager les esprits, mais cela aurait aussi pu avoir pour effet pervers de déjà penser au Derby avant de terminer le match à Schaffhouse. En ce sens, pour une fois, l’absence de concrétisation n’était peut-être pas une si mauvaise nouvelle.

 


 

Réactions d’après-match

 

Mychell Chagas

 

Alain Geiger

 


 

FC Schaffhouse – Servette FC 0-2 (0-1)

Lipo Park, 1’436 spectateurs.

Arbitre : M. Al-Adba (QAT).

Buts : 28′ Cognat (0-1), 89′ Chagas (0-2).

Schaffhouse : Grasseler; Demhasaj (46′ Paulinho), Delli Carri, Mevlja, Qollaku; Bunjaku (C); Del Toro (88′ Pugliese), Tranquilli (46′ Helbling); Castroman; Cicek (74′ Barry), Sessolo. Coach : Seeberger.

Servette : Frick; Sauthier (C), Routis, Rouiller, Iapichino; Maccoppi (90+2′ Mfuyi); Stevanovic, Alphonse (80′ Follonier), Cognat; Kone (73′ Cespedes), Schalk (85′ Chagas). Coach : Geiger.

Avertissements : 58′ Del Toro, 72′ Stevanovic.

Notes : Schaffhouse sans Gonçalves (suspendu), Zbinden, Nikci, Jozinovic (blessés), Dindamba (malade) et Morandi (non-convoqué). Servette sans Lang, Wüthrich, Severin, Imeri (blessés), Sarr (étranger surnuméraire) et Duah (non-convoqué). 45+1′ tir sur la transversale de Routis.