En s’imposant sèchement à l’extérieur, le Servette FC a montré qu’il serait un adversaire à prendre très au sérieux cette saison. Compte-rendu.

 

Parfois, le score d’un match de football ne reflète pas la physionomie des débats et ce Thoune-Servette en est le parfait exemple. Un suiveur lointain pourrait s’imaginer que les Grenat ont archi-dominé leur sujet lors de cette après-midi d’août mais justement, à ce niveau de compétition, le diable se cache dans les détails. La clé de cette rencontre pourrait en fait ce résumé à la gestion des temps forts et faibles, Servette ayant réussit à la perfection cette exercice. Temps fort : l’entame de match fut limpide côté Grenat. Maitrise du ballon, bonnes connexions, implication, rigueur défensive. Thoune, sans montrer de grandes intentions il est vrai, n’a pas eu voix au chapitre sur le premier quart de match et a dû subir le rouleau compresseur servettien. Alors personne n’était vraiment étonné qu’au bout de 18 minutes Servette mène 2-0. Stevanovic frappa d’abord à la 14e en récupérant un dégagement manqué de Faivre et en allant inscrire en solo l’ouverture du score. 4 minutes plus tard, c’est un Rouillier laissé absolument seul qui plaça sa tête après un joli ballon de Wüthrich. A ce moment là, on eut très peur pour les joueurs de l’Oberland bernois tant l’écart sur le terrain était criant.

Dans une enceinte sublime, Servette a corrigé le FC Thoune (0-4) ©️ Clément Vuagnat

 

Temps faible : réussir à contenir la réaction thounoise. Forcément, les joueurs de Marc Schneider, piqués dans leur estime et devant leur public, étaient obligés de montrer un temps soit peu de football. C’est chose faite avec une deuxième partie de 1ère mi-temps bien meilleure que l’entame. On passa tout proche de la réduction de l’écart, notamment par Rapp, mais il manqua toujours un petit quelque chose aux rouges et blancs pour matérialiser leur domination. Côté Servette, la mi-temps arriva au bon moment, il tomba bien ce quart d’heure de pause pour affronter un autre temps faible : la grosse intensité bernoise du début de seconde période. Face à un adversaire qui se jetait à l’offensive, les Grenat devaient faire le dos rond et tenter des incursions en contre. Peu inspirés lors de cette dernière phase, Thoune malmenait le bloc servettien. Emmené par un Castroman omniprésent, les occasions se succédèrent sans relâche : Stillhart, Rapp, Kablan ou encore l’entrant Munsy, en frappant le poteau, s’essayèrent mais sans réussite. Servette tenait bon grâce à un subtile mélange de réussite, de grinta et d’assise défensive, le plus dur était passé.

 

Il était maintenant l’heure de profiter d’un dernier temps fort pour clôturer cette rencontre de la meilleure des façons. Les thounois ayant beaucoup donné physiquement, ils laissèrent de plus amples espaces aux servettiens dans le dernier quart d’heure. A la 88e, un penalty grâce à l’aide de la VAR fut accordé au SFC pour une faute de main du géant Havenaar. Wüthrich réussit à le transformer en deux temps alors que son tir initial ne fut de loin pas flamboyant. Dans le temps additionnel, Schalk ouvrit son compteur cette saison. Bien servi par Stevanovic dans la surface, il ajusta Faivre d’une belle frappe en pivot pour mettre fin à tout débat. C’est un Servette conquérant qui est allé cueillir cette victoire, un Servette taille Super League qui grandit match après match…


Que retenir de ce match ?

De positif

 

Servette qui inscrit quatre buts à l’extérieur. C’est assez rare pour le souligner et on en profite car ce genre de performance, à part si on se nomme Young Boys ou Bâle, ne devrait pas advenir souvent cette saison. On se plaignait à juste titre du manque d’efficacité des Grenat sur le début de championnat, ils nous ont répondu de la meilleure des manières avec un festival de buts et un ratio tirs tentés/goals exceptionnel. 10 réussites en deux matchs, important pour reprendre de la confiance et surtout prometteur avant les premiers pas du fameux numéro 9 tant recherché, Grejohn Kyei.

La gestion du match. Déjà évoquée dans l’article, celle-ci a été capitale dans une rencontre qui a finalement vu Servette être plus dominé que dominateur. Cela prouve que le collectif grenat sait subir sans paniquer et réussit à exploiter ses temps forts quand il le faut. A confirmer maintenant face à un adversaire d’un calibre supérieur, cette bonne gestion étant bien plus difficile à réaliser.

Le Sébastien Wüthrich de la première demi-heure. Etincelant, virevoltant, faisant peser sur le jeu toute sa classe, le meneur de jeu genevois a été grandement impliqué dans l’entame de match réussie du SFC. Auteur d’une passe décisive pour Rouiller, Wüthrich a confirmé pendant ce laps de temps qu’il était en pleine forme sur ce début de saison. Sa qualité technique ainsi que sa capacité à orienter le jeu en font une composante essentielle de la bonne marche offensive des Grenat.

Le matchs des ailiers servettiens. Même constat que pour Wüthrich, Miroslav Stevanovic et Varol Tasar ont livré des performances de grande qualité sur la pelouse synthétique de la Stockhorn Arena. Au sujet de “Micha”, on est habitué à le voir performer de la sorte mais en ce qui concerne Tasar, joueur plus méconnu du côté de la Praille, on ne peut qu’être ravi de sa montée en puissance. Déjà très bon à Bâle, il récidiva cet après-midi grâce à une grande activité et des appels toujours bien sentis. Seul regret, il céda sa place à l’heure de jeu et on aurait clairement aimé en voir plus !

A améliorer

 

Le Sébastien Wüthrich de la dernière heure. Sûrement émoussé par la grosse intensité du début de match, le numéro 10 servettien a semblé plus en difficulté sur la suite de la rencontre. Un peu trop facile dans son jeu, il semblait par moment se compliquer la tâche avec des gestes techniques difficiles alors qu’il y avait mieux à faire. L’intéressé a avoué cette nonchalance après le match (voir notre rubrique “réactions d’après-match”) et on le pardonne sans soucis tant son match reste de bonne qualité avec un but et une passe décisive à son compteur.

La blessure d’Anthony Sauthier. Fort dommageable alors que le capitaine Grenat réalisait un bon match jusque là. Remplacé par le jeune Rayan Souici à la 74e minute, on ne connait pas à l’heure où sont écrits ces lignes la nature de cette blessure. On souhaite en tout cas un bon rétablissement à notre latéral droit et une durée de convalescence réduite au maximum. Plusieurs options sont possibles pour le remplacer mais le mieux serait que Servette puisse compter sur son leader samedi prochain face à Xamax (19h, Stade de Genève).


Réactions d’après-match

Sébastien Wüthrich
Steve Rouiller

 


FC Thoune – Servette FC 0-4 (0-2)

Stockhorn Arena, 6685 spectateurs.

Arbitre : M. Fähndrich.

Buts : 14e Stevanovic 0-1; 18e Rouiller 0-2; 88e pen. VAR Wüthrich en deux temps 0-3; 95e Schalk 0-4.

Thoune : Faivre ; Glarner, Havenaar, Sutter (46e Musny), Joss (72e Chihadeh) ; Kablan (62e Salanovic), Gelmi, Stillhart, Hefti ; Castroman, Rapp.

Servette : Frick ; Sauthier (c) (74e Souici), Rouiller (capitaine dès la 74e), Sasso, Gonçalves ; Cespedes, Cognat; Stevanovic, Wüthrich, Tasar (61e Imeri) ; Chagas (73e Schalk).

Avertissements : 19e Cespedes (jeu dur), 45e Glarner (jeu dur), 49e Wüthrich (jeu dur), 51e Gelmi (antijeu).